Nature et aventure dans le Pantanal, Bonito et les chutes d’Iguassu

Les festivités du carnaval sont à présent terminées, les brésiliens reprennent le chemin de l’école et du travail et nous concernant, nous nous envolons vers une étape orientée nature et aventure. C’est à Campo Grande, la capitale de l’Etat du Mato Grosso do Sul, au coeur de la réserve natuelle du Pantanal que nous passons notre première nuit. Il fait une chaleur humide et étouffante et les moustiques nous voient arriver de loin, se réjouissant du festin qui les attendent. À peine un petit déjeuner avalé que nous négocions et confirmons déjà un trip de 2jours en pleine forêt tropicale, une douche rapide, nous préparons nos affaires en 2/2 alors que le chauffeur est déjà devant la porte à nous attendre.

Nous nous enfonçons de plus en plus dans la réserve et atteignons enfin le dernier point de rencontre où nous montons à bord d’un véhicule du Jungle Lodge avant de nous immerger dans l’immensité de nature, coupées du monde pour la nuit. Déjà sur le chemin nous apercevons quelques spécimens étranges tels que le caipivara, une espère typique du Brésil, à mi-chemin entre le ragondin et le castor. Enfin nous passons le pont du logde, les petites cases de bambou bordent la rivière, le bruissement des insectes nous accueille. L’endroit est vraiment magnifique, Toutes les constructions sont sur pilotis et le clapotement de l’eau sous nos pieds nous entoure d’une atmosphère paisible.

Les formalités de rigueur enregistrées, nous repartons à bord du véhicule pour un safari au coeur de la réserve. Alors que nous progressons le long du chemin de terre, nous tombons nez à nez avec les premiers caïmans qui se dorent au soleil. S’en suivent un tas d’autres animaux tels que des autruches, une sorte de phacochère: notre Pumba du Brésil, ainsi qu’une bête très rigolote, le quati, et bien sur de superbes oiseaux dont un arras bleu.

Nous nous arrêtons un instant pour une promenade à pied cette fois au coeur de la forêt. Nous avançons en rang ordonné (on ne sait jamais ce qui peut surgir autour de nous) quand nous atteignons le premier courant d’eau, pas le choix on le traverse à pied. Nous ôtons nos havaiannas et plongeons nos pieds nus dans cette tourbe noirâtre, gluante et vraiment répugnante. Saisies à la fois de fous-rires incontrolables et d’un dégoût certain, nous tentons en vain de garder notre calme, ce qui amuse énormément Omri, un voyageur israélien, féru d’aventures avec qui on a sympathisé plus tôt. C’est l’estomac serré que nous regagnons enfin la jeep après cette ballade tout à fait incongrue au beau milieu de cette nature fourmillante.

Sur le retour alors que le jour tombe doucement, nous admirons un superbe coucher de soleil aux couleurs flamboyantes, incendiant le ciel. Puis vient finalement le clou du spectacle; la nuit est à présent bien noire, le guide éclaire la route à l’aide de sa lampe torche et soudain, au détour d’un fourré nous apercevons un bébé jaguar, apeuré par les phares, nous avons seulement quelques secondes pour observer sa belle robe tachetée avant qu’il ne s’enfuit loin de ces humains venus de le déranger. Une belle émotion et beaucoup de chance d’avoir pu entrevoir cet animal relativement rare.

Après cette longue journée, c’est au son des grenouilles et des insectes grouillants que nous nous endormons profondément.

Le lendemain, c’est cette fois à bord d’un petit bateau que nous partons explorer la réserve. De superbes oiseaux, notamment ce couple de toucan, une des espèces emblématiques du Brésil se montrent à nous. Le bateau s’arrête et je me risque à un petit plongeon dans le lac vermelho, dont l’eau est aussi chaude que l’eau de mon bain. L’aventure est vite expédiée car on ne sait jamais, les caimans rodent non loin.

En rentrant à l’hôtel, Audrey préfère la baignade dans la piscine et c’est autour d’une bonne caipi que nous trinquons à notre périple.

Alors que nous partons vers notre prochaine destination, nous ne regrettons vraiment pas notre immersion dans le Pantanal, ce n’est pas l’Amazonie mais ça vaut quand même vraiment le détour.

Après plusieurs heures de route, nous arrivons dans la petite ville de Bonito, qui porte bien son nom, l’endroit est charmant, enfin surtout les dizaines de possibilités d’exploration de grottes, cascades, rivières et plages qui se trouvent aux alentours. Bien que cette ville se trouve à des centaines de kilomètres de la mer, à Bonito on est tous les jours en maillot de bain. Avant de raconter la journée fantastique que nous y avons passée, il convient de parler de la découverte culinaire que nous avons faites en arrivant. Après en avoir vu des dizaines dans le Pantanal, nous avons goûté au caiman! Pas mauvais du tout à vrai dire, le goût est à notre grande suprise entre le poulet et le poisson.

Le ventre bien rempli et après une bonne nuit de sommeil donc, nous partons pour Rio Sucuri où nous attend une plongée avec masque et tuba en flottaison, concept tout à fait original. Nous nous équipons d’une combinaison de plongée et après quelques minutes de pratique dans la piscine nous partons pour la rivière. Depuis un petit pont de bois nous nous élançons dans l’eau crystalline, c’est parti, le courant nous porte sans avoir rien à faire pendant que nous observons tranquillement les fonds aquatiques en espérant cependant ne pas croiser un cobra, fréquent dans la région. Au bout d’une quarantaine de minutes, alors que nous sortons de l’eau, une tête de serpent pointe hors de l’eau, c’est bien un petit sucuri comme il l’appelle ici! Quelle horreur! Bon le guide nous dit qu’il est inoffensif si on ne l’embête pas mais quand même, on est contentes de ne pas s’être trouvées sur son passage.

L’après-midi, nous partons explorer la grotta azul, où la lumière en entrant dans le lac de la grotte vient se refléter en un bleu turquoise magnifique entourée des stalactites et stalagmites.

Nous concluons cette journée par un goûter savoureux, un açai/frozen yogurt. Plusieurs fois que je parle de l’açai, sans vraiment expliquer ce que c’est. L’açai est une baie aux propriétés énergétiques qui pousse uniquement en Amazonie et qui est utilisée pour faire des jus de fruits ou bien le fameux bol d’açai, mixé avec du sirop de guarana et agrémenté à souhait de fruits, lait en poudre, ou fruits secs. C’est un délice, un goût vraiment singulier, avec des notes de cassis et de chocolat, une fois qu’on y a goûté on en tombe accroc à vie.

10h de route plus tard et nous atteignons notre dernier point de chute, Foz de Iguazú afin d’aller voire de plus près les chutes d’Iguassu, parmi les plus impressionnantes au monde, et définitivement un des plus beaux endroits d’Amérique du Sud. Les chutes sont situées exactement sur la frontière entre le Brésil et l’Argentine, sur la rivière Iguaçu et les deux côtés sont aménagés en parcs nationaux pour permettre leur visite. Iguaçu vient du guarani: í (eau) et kuasu (grand), littéralement « les grandes eaux » nous dit Google.

Le premier jour c’est le côté brésilien que nous partons voir, les passerelles permettent d’avoir une vue d’ensemble sur les 275 cascades d’une longueur totale de 3km, le panorama est vraiment magnifique. Des petits animaux, au nom de cohati, peu farouches et chapardeurs nous accompagnent pendant toute la ballade. Alors que par chance nous rentrons vers l’hotel, des trombes d’eau s’abattent sur nous. Ah la joie des pluies tropicales!

Heureusement le lendemain le soleil est revenu et nous passons cette fois du côté argentin. Plusieurs chemins de randonnée s’offrent à nous, nous choisissons le circuit supérieur afin de marcher littéralement au dessus des chutes. Un petit train permet de circuler entre les différents circuits. Tout au long des randonnées d’incroyables papillons de toutes les couleurs nous précèdent, tels des guides.

 L’après-midi c’est la Garganta del Diablo que nous allons explorer, la plus haute chute de l’ensemble, haute de 90m. Suivant l’orientation du vent, nous nous retrouvons littéralement douchées par les embruns, le bruit est aussi assourdissant, Quel beau spectacle!

Cette semaine au sud du Brésil, au coeur d’une nature exhubérante, avec sa flore tropicale et sa faune tout à fait extraordinaire aura véritablement ravie nos yeux. Pour Audrey il est l’heure de repartir. Alors qu’elle s’envole vers Paris, je prends la direction du Nord, pour aller passer quelques jours dans l’état de Bahia à Salvador.

Carnaval à Rio et détente à Ilha Grande

Demain c’est déjà le 1er février, nous sommes encore en plein été au Brésil, il fait chaud, très chaud, l’un des moments les plus attendus de l’année approche: le Carnaval. Cela signifie aussi que la moitié de mon périple est déjà derrière moi, cela marque le début d’une nouvelle période dans mon voyage: les retrouvailles avec ma Jupinette adorée, que je n’ai pas vue depuis des mois.

L’arrivée à Rio en ce lundi matin est agitée, on sent qu’un évènement se prépare. Les abords de la ville sont conformes avec les rumeurs que l’on entend: de nombreuses favelas s’entassent, une voiture de police est postée à chaque coin de rue. Il faut bien le dire, pas l’image la plus enchanteresse qu’il soit.
Depuis la rodoviaria je saute dans un taxi qui m’emmène directement dans le fameux quartier d’Ipanema, qui sera notre spot pour la semaine. À ce moment, mon rêve le plus fou c’est de dormir plus de 3 jours consécutifs dans le même lit et sans inconnus autour de moi.
Je retrouve Sidney qui nous loue son appart pour la semaine. Échange des clés, quelques conseils pratiques et quelques bons plans de la ville et j’attends avec impatience le débarquement de la poulette. 2h plus tard elle pointe le bout de son nez, on explose de joie, on se serre fort dans les bras, on ne décroche plus notre sourire, on parle des heures et des heures durant. Que c’est bon de se revoir!

Dans l’après-midi, Fred qui est à Rio pour quelques jours nous rejoint, et nous partons tous ensemble à la plage d’Ipanema avant d’aller dévaliser le supermarché de fruits exotiques, de bières et de bouteilles de malbec. Ce soir on fête nos retrouvailles, apéro home-made à la mode de chez nous.

Le lendemain, nous partons visiter l’une des attractions les plus prisées de la ville et l’emblème de Rio: le Christ Rédempteur. Pour se faire, nous nous rendons au pied du Corcovado d’ou nous montons à bord du petit train téléphérique qui nous emmène au travers du Parque de Tijuca vers le sommet. Au fur et à mesure de la montée, nous commençons à distinguer la vue sur toute la baie de Rio. Encore quelques marches à gravir et nous nous trouvons enfin au pied de l’immense statue imposante, dominant la ville. Ses bras ouverts nous accueillent et le défi photographique pour faire entrer notre petite tête, la sienne et ses grands bras mais sans têtes de touristes en cette saison ultra-féquentée commence. Mission accomplie, nous restons encore quelques instants à admirer la vue avant de redescendre tout droit vers la playa pour bien terminer cette belle journée avec une petite caipi dans la main et un açai na tigela dans l’autre.

Le soleil tape déjà fort quand nous décidons d’aller explorer une nouvelle zone de Rio: Lapa et Santa Teresa. C’est dans ce quartier populaire que se trouve la célèbre Escaderia Selaron. Les 215 marches qui la compose, sont l’oeuvre de l’artiste chilien Jorge Selaron et marquent la séparation entre les 2 quartiers. Chaque marche est recouverte de carrelage, céramiques et miroirs et l’ensemble reprend les couleurs du Brésil.

Une fois arrivés en haut de l’escalier, nous poursuivons notre ballade dans le quartier artiste bohème de Santa Teresa et débouchons sur le Parque de las Ruinas où se trouve le Museu de Chácara do Ceu, une maison-musée située sur les hauteurs de Rio, offrant une belle vue sur le Pão de Azucar et présentant une architecture intéressante. Nous poussons un peu plus loin vers la place Largo do Guimarães avec ses bars et restaurants attrayants et où nous croisons notamment le bonde, le seul tramway urbain encore en circulation au Brésil et l’un des plus anciens au monde.

Nous dédions la journée suivante à une belle après-midi plage dans un coin privilégié, la praia de Joatinha, prisée de la jeunesse huppée de Rio, où se mêlent surfeurs et joueurs de foot-volley. Cette petite anse est située à l’extrémité de la baie de Rio, loin de l’agitation débordante d’Ipanema ou Copacabana, il faut s’y rendre en taxi et descendre une petite colline pour y parvenir. Il faut bien le dire la plage est une véritable institution ici, plus encore qu’un loisir c’est un mode de vie à Rio. On y vient entre amis, bronzer, nager, surfer, boire des bières et des caipi, jouer au foot, et au volley ou les deux mélangés. On se promène à pied, à vélo, en roller, on court, on fait glonfler ses biscottos sur l’une des machines de muscu installées le long de la plage. Bref la plage c’est THE place to be.

La 2ème grande passion des Brésiliens c’est la fiesta, et ça tombe bien le Carnaval vient de commencer. Mais avant de lancer officiellement les festivités, nous partons faire une nouvelle découverte incontournable: le Pão de Azucar. Ce gros rocher pointu est la 2è emblème de la ville et offre une vue imprenable sur le tout Rio. La ville présente une géographie vraiment particulière avec ses nombreuses baies qui contrastent avec les morros, ces petites montagnes qui surplombent la ville et où se logent également les favelas de Rio, telles que Vidigal, une des favelas chic pacifiées (où le police peut accéder) et qui désormais, n’est plus uniquement habitée par des familles démunies.
Pour atteindre le Pão de Azucar on monte à bord d’un cable car qui nous mène d’abord à une première étape, Morro da Urca, puis un deuxième pour atteindre le sommet. Nos yeux se régalent du paysage, et les clichés photographiques affluent. Je suis bien d’accord avec Fred, c’est le plus beau panorama de Rio.

Trève de plaisanterie, ce soir c’est Carnaval et ça continue jusqu’à dimanche soir avec l’arrivée d’une nouvelle Frenchie, la Couz’’, fraîchement débarquée de notre cher pays glacé. À Rio il y a deux façons de faire le Carnaval: dans la rue, avec les Blocos ou au Sambodrome avec les défilés des chars. Tout au long de la journée et tard dans la nuit, les rythmes endiablés de la samba résonnent dans la rue, la foule fait preuve d’originalité dans les déguisements, et la cerveja coule à flot. La masse de gens est vraiment dense et c’est de la pure folie autour de nous. Depuis la plage jusque dans les recoins d’Ipanema, la fête bat son plein. Quelle bonne idée d’être accompagnés d’un brésilien, Raf, pour en profiter encore plus. Difficile de retranscire par écrit ces moments et malheureusement pas de photos vu le risque de perdre l’appareil mais les souvenirs sont bien gravés dans la tête et c’est certain Rio on y reviendra.

Après un tel week-end, rien de mieux que quelques jours d’évasion à Ilha Grande, pour retrouver un peu de calme et profiter de l’été. Plus de 3h de route sont nécessaires pour rejoindre Angra dos Reis d’où nous espérons trouver un bateau qui nous permettra de faire la traversée jusqu’à l’île. Un tour sur les quais, quelques négociations et nous trouvons enfin un capitaine qui nous embarque sur son bateau. En fin de journée, alors que le soleil est déjà couché, nous atteignons, halleluia, Praia Vermelha et la très accueillante Posada Argonauta. Un vrai petit coin de paradis! Nous passons la journée suivante à lézarder et à nous baigner dans les bassins naturels ainsi qu’à déguster des poissons grillés et des aguas de coco. Il n’existe aucune route sur l’île et tous les déplacements doivent donc se faire en bateau. Digne d’un décor de carte postale, nous partons explorer notamment la plage de Lopez Mendez, à l’autre extrémité de l’île, sable blanc fin, eau cristalline, cocotiers, on comprend mieux pourquoi c’est l’une des plus belles plages du Brésil.

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Il est déjà l’heure de rentrer et de regagner la casa pour Emi. Nous concernant, nous profitons encore de quelques jours à Rio avant de partir vers d’autres aventures. Nous logeons cette fois du côté de Copacabana, et outre les visites pour la 2è fois avec la cousine des lieux emblématiques déjà évoqués, nous nous rendons à la praia do Arpoador, LE lieu pour admirer le plus beau coucher de soleil de la ville. Magique! La tradition veut que le public applaudisse une fois que le soleil disparaît complètement. Ce soir là on y manque pas.

Un peu plus tard, c’est au sambodromo que nous passons la soirée afin d’assister au magnifique spectacle du défilé des meilleures écoles de samba 2016. Les embouteillages entravent l’accés au Sapucai, l’avenue où se dressent les gradins placés tout du long pour admirer le défilé. Une fois à l’intérieur, nous nous faufilons pour trouve une place, l’exitation monte quand ça y’est un feu d’artifice strie le ciel et marque le début du show.

Le premier char s’élance, suivi des milliers de danseurs aux costumes scintillant de mille couleurs. Des étoiles brillent dans nos yeux, cette fois, c’est pour de vrai et non à la télé que nous assistons au Carnaval de Rio comme nous en avions rêvé. Le principe c’est que chaque école choisit une musique de samba qui passe en boucle pendant toute la session de l’exibition qui dure pour chacune 45min. Au bout de la session, l’avenue est entièrement remplie par l’ensemble des chars d’une même école. C’est tout simplement impressionant. Les écoles sont jugées selon 10 critères différents dont les costumes, la batucada, la musique choisit, l’énergie des porteurs de drapeaux… Il n’y a pas moins de 70 écoles de samba à Rio, qui ressemblent littéralement à des clubs de football dans leur fonctionnement avec un club, des couleurs propres, un drapeau, un hymne, des entraînements et des sommes astronomiques dépensées dans la préparation de l’évènement. Ce n’est pas étonnant étant donné que le concours est suivi attentivement et rassemble toutes les célébrités du pays. C’est vraiment à voir une fois dans sa vie.

Cette merveilleuse étape du Brésil s’achève, j’y aurai découvert un peu plus sur la culture sambaesqie du pays. Il est temps maintenant de passer à la partie nature/aventure, pour le prochain stop RDV dans le Pantanal.

J’irai embrasser cette terre brésilienne… Sous le charme de Floripa

À peine un pied posé sur le sol brésilien, que je ressens déjà une grande allégresse m’envahir, une légèreté me soulever, le noeud à l’estomac serré dans mon ventre depuis plusieurs jours s’évanouir. Pourquoi ces sensations? J’en ai ma petite idée…

Mon premier contact avec le Brésil, c’est São Paulo, pas la ville la plus glamour qui soit, avec ses 11,4 millions d’habitants, la 5è mégalopole au monde a de quoi vous faire perdre la tête. Dans le quartier de Jardins je retrouve mon pote Fred qui me fait découvrir la rue chic et animée de Oscar Freire avec notamment son énorme boutique Havaiannas, entrée obligée! Le paradis des claquettes! J’ai envie de tout acheter, en plus elles ne coûtent que 9€ environ contre un bon 25€ en France.
Un peu plus tard, c’est perchés dans le skybar de l’hôtel Unique et autour d’une excellente caipirinha maracuja que nous admirons les lumières scintillantes de la ville, à la recherche des hélicoptères qui parcourent le ciel. Le lendemain avant de prendre le bus pour Florianopolis, je retrouve mon pote brésilien Kleber, rencontré à Santiago qui me fait faire un tour express de São Paulo et me montre quelques unes de ses attractions artistiques (il est peintre, tout s’explique, il travaille aux côtés de Kobra, ils réalisent des fresques murales impressionnantes dans le monde entier). Un autre skybar avec la vue de jour cette fois, un petit tour par l’aérodrome, mais malheureusement le temps ne permet pas de survoler la place, ça sera pour une autre fois.

Et il est déjà temps pour moi de rejoindre Rafael au terminal de bus et de partir pour une bonne dizaine d’heures de route vers le sud, Floripa pour les intimes, un petit joyau de plages de sable fin très apprécié des surfeurs. Nous nous rendons sur l’île de Florianopolis, face au continent et achevons enfin notre pérégrination dans la partie de Campeche, ambiance surfeur garantie! Après tant d’attente, enfin, je foule cette belle plage, le sable fin crisse et glisse entre mes doigts de pieds, le soleil brille haut dans le ciel, pas de nuages à l’horizon, les rouleaux blancs des vagues chantent une musique agréable à mes oreilles, je respire, je bois une gorgée de mon eau de coco, je savoure, je souris… Bonheur, chaleur, douceur… Je suis si bien.

Nous sommes en haute saison, et ce voyage ne faisant pas partie originalement de mon périple, nous n’avons pas pris le temps de booker d’hostel pour toute la semaine. Résultat jour après jour, nous voguons d’un endroit à l’autre. Ce n’est pas grave, nous savons que demain sera encore meilleur qu’aujourd’hui. Et c’est effectivement ce qui se produit, nous allons crescendo.

Je commence à découvrir avec plaisir, les saveurs culinaires brésiliennes, la joie de vivre de ses habitants, leur amour inconditionnel pour la plage et la samba. Nous partons explorer la zone de Lagoa avant d’aller bronzer à Praia Mole. Une averse tropicale nous accueille! Tout le monde se réfugie sous la cabane des sauveteurs. Heureusement elle n’est que de courte durée, le soleil réapparaît et nous nous installons sur le sable. Rafael me fait goûter le queijo coalho vendu sur toutes les plages ici, accompagné de quelques caipirinhas bien dosées.

Au bout de quelques jours nous atterrissons un peu par hasard (vraiment? ;-)) dans la charmante maison d’hôtes Host&Roll tenue par Uira et sa compagne Cecilia. Il nous accueille avec un grand sourire et nous fait visiter son petit paradis. Ce grand fan de musique rock a décoré l’endroit avec beaucoup de goût et dans le jardin, les fleurs tropicales ravissent nos yeux.

Dans la soirée nous rencontrons un couple d’argentins Maria et Ruben et nous partons tous ensemble sur la plage afin d’assister au Luao, une fête donnée en faveur de la pleine lune. ça et là des groupes se sont rassemblés autour des flammes crépitantes des feux de joie, des célèbres musiques de samba reprises en coeur résonnent au son des guitarres et du cajon, la lune toute ronde nous envoie sa puissante lumière et énergie. Il plane une atmosphère un peu mystique.

Le lendemain nous retrouvons Maria et Ruben qui nous proposent d’aller explorer la plage déserte de Lagoinha do Leste. Après plus d’une heure de randonnée dans la forêt, guidés par de superbes papillons qui virevoltent autour de nous, nous entendons enfin le bruit des vagues au loin. L’endroit est effectivement magnifique et nous installons notre campement pour l’après-midi. Avant de repartir nous faisons un détour par la lagune, ou nous plongeons avec joie dans cette eau à la température très douce. Nous avons presque envie de passer la nuit dans le camping de fortune installé à deux pas. N’étant pas équipés, nous rebroussons chemin et regagnons l’hôtel avec une grande envie de barbecue. Le churrasco est une véritable institution au Brésil et Rafael nous propose de nous faire découvrir ses talents de cuisinier en préparant une carne picanha accompagnée de légumes grillés au fromage et de pain à l’ail. Ouahhh je fonds complètement en goutant à ces petits morceaux si tendres et savoureux.

Le jour suivant, après notre habituelle après-midi plage, nous partons à l’autre bout de la ville à Santo Antonio de Lisboa afin d’assister à l’un des plus beaux couchers de soleil de l’île. Malheureusement les nuages épais obscurcissent le ciel et cachent le soleil. La vue est pour autant très belle et nous profitons de l’instant. Un peu plus tard, au bord de l’eau, je me régale d’une belle assiette d’huitres servie avec un petit verre de vin blanc. Je ne pensais pas en manger ici. Petite pensée pour ma cousine et la cabane de Poupou 😉

Notre séjour touche déjà à sa fin et pour la dernière journée c’est avec nos amis argentins que nous prenons le chemin de Pântano do Sul. Après un petit moment de bronzette et alors que nous sommes tranquillement attablés autour d’une cerveja, le temps se fait de plus en plus menaçant et nous décidons de nous échapper avant que le ciel nous tombe sur la tête. Trop tard! C’est littéralement douchés que nous regagnons la voiture.

C’est fichu pour le barbecue prévu ce soir, au lieu de cela ça sera pizzas et caipirinhas autour d’un karaoké improvisé à l’hôtel. Merci pour ce beau moment de partage et cette grande partie de rigolade.

Floripa, on y reviendra c’est certain. C’est le coeur léger que nous repartons de là, pour ma part, prête à poursuivre la découverte de ce pays dont je suis déjà tombée amoureuse.

Bolivie Express

Au risque d’en décevoir peut-être certains, je le dis d’emblée, la Bolivie je n’ai pas aimé. C’est un avis qui n’appartient qu’à moi, basé sur effectivement une courte mais largement suffisante (pour ma part) expérience que j’ai eu avec ce pays et en relation avec mes propres critères de voyage.

Tout commence par un difficile passage de frontière…Une fois parvenue en bus dans la plus proche ville argentine de la Bolivie, La Quiaca, je prends un taxi pour parcourir les 10km qui la sépare de Villazón. Là ce ne sont pas moins de 3h de file d’attente pour accomplir les formalités douanières, sous la pluie, avec des agents de police douanière qui ne paraissent pas du tout coopératifs voire même plutôt grossiers, des vrais cow-boys; des gens tous plus bizarre les uns que les autres; l’incertitude de pouvoir atteindre mon point de chute le soir venu; et cette sale impression de se demander avant même d’être passée de l’autre côté: « mais qu’est-ce que je fous là?! »

Etant d’un tempérament déterminé, je ne me laisse pas abattre et attends patiemment mon tour. Mon passeport tamponné, je foule enfin le sol bolivien et suis immédiatement saisie de cette réalité d’être arrivée dans un pays latino qui n’a strictement rien à voir avec ceux que j’ai visités jusqu’à présent. Le bordel environnant, l’inhospitalité des personnes dans la rue, la désorganisation la plus totale me mettent mal-à-l’aise et insécure. Je finis par trouver la gare routière et pars à la recherche d’un bus pour Tupiza, où j’espère arriver le soir même pour booker un tour dans le salar d’Uyuni, la raison pour laquelle je fais tout cela. Mon billet en poche, je monte à bord du bus, tout ce qui a de plus local, à l’intérieur la chaleur est suffocante et les odeurs disons spéciales n’arrangent rien. On démarre enfin, je discute un peu avec le passager assis à côté de moi qui m’apprends que la route est coupée plus loin à cause d’une grève des transporteurs qui empêchent le passage de tout véhicule. Allons bon, en voilà une autre histoire. On est donc pas surs de pouvoir arriver à Tupiza, mais ce qui est sur c’est que ça va durer des plombes. Bien bien bien, mon envie de retourner illico en Argentine est de plus en plus grandissante.

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Effectivement quelques minutes plus tard nous sommes stoppés au milieu de la route, le moteur s’arrête et les voyageurs commencent à descendre du bus. J’aperçois un groupe de chinois qui tentent même de partir à pied pour contourner le barrage. Sérieusement??!! Cette nouvelle péripétie met mes nerfs à rude épreuve mais je n’ai d’autre choix que de prendre mon mal en patience et de relativiser. C’est vrai que dans ces moments là on a qu’une envie, c’est de se retrouver chez soi, bien au chaud, entourée de ses proches mais cela fait partie aussi du voyage. Tout est expérience, bonne comme mauvaise.

Le barrage sera finalement levé 1h ou 2 plus tard et je parviendrais comme prévu à Tupiza. Et comme une petite récompense de l’univers, j’ai même la chance inattendue de tomber,  dans la seule agence encore ouverte à cette heure-là, sur un groupe de 4 danois blondinets qui veulent faire la même excursion que moi dès le lendemain et sont en train de négocier le prix. C’est ce que l’on appelle tomber à pic car à 5 ça devient bien plus intéressant. Le RDV est pris pour le lendemain 8h, pour partir à bord d’une jeep à la découverte du célébrissime Salar d’Uyuni, généralement un temps fort dans le voyage des backpakers d’Amérique du Sud.

Je me réveille de meilleure humeur, et rejoins mes nouveaux camarades de route. Bon, ils sont très jeunes, 20ans tout au plus, et parlent beaucoup trop dans une langue bien étrange à laquelle je ne comprends rien mais ils ont l’air quand même plutôt sympas. Et puis je leur suis bien utile, je joue les traductrices entre eux qui ne parlent pas un mot d’espagnol et le guide qui baragouine à peine en anglais. La route est pour le moins défoncée, des rivières formées suite aux pluies abondantes la traversent, provoquant des éboulements de terrain et rendant le chemin quasi impraticable. Je suis contente d’avoir opté pour l’excursion en 4×4 plutôt que pour le trajet en bus qui était mon autre choix car je me demande encore comment il peut rouler là dessus. Nous faisons un stop rapide dans un petit village minier, d’ou part justement le train que nous apercevrons de nouveau un peu plus tard entre 2montagnes au moment du pic nic.

Sur les coups de 16h nous atteignons enfin la ville d’Uyuni. Elle n’a rien d’attrayant et nous nous dépêchons de régler nos petites affaires afin que la jeep reparte rapidement et entre sur le Salar. Nous y voilà, on s’élance à l’assaut du plus grand désert de sel au monde. Une étendue de sel à perte de vue, située à 3658m d’altitude et mesurant plus de 10500km2, bordée par quelques montagnes qui paraissent flotter avec l’illusion d’optique. Impressionant, inimaginable, grandiose.

Nous ne résistons pas à l’envie de descendre, de fouler ce sol qui se craquèle sous nos pas. La jeep fonce ensuite à toute allure vers la lisière du salar où se trouve l’hôtel de sel ou nous allons passer la nuit. Il est pour le moins original, les murs, le sol, les meubles tel que le lit ou les tables sont faits de brique de sel. Etonnamment, il fait bon à l’intérieur, le sel représente en effet un bon isolant alors que les températures extérieures peuvent descendre bien en dessous de 0 degrés la nuit. Une fois nos affaires déposées, nous repartons sur le désert afin d’admirer le coucher de soleil et de prendre déjà quelques clichés. Un brain-storming s’impose le soir pour imaginer les photos les plus drôles et cocasses à prendre le lendemain.

Après une courte nuit, nous nous levons aux aurores pour repartir sur le désert et observer cette fois le lever du soleil. Il fait un froid glacial, le vent nous fouette les joues et nous attendons le soleil tout grelottant. Il fait enfin son apparition et surgit du désert annonçant une belle journée.

Nous reprenons la route vers l’île d’incahuasi, un mont recouvert de cactus mesurant parfois plus de 4m de haut, située en plein milieu du désert et présentant une faune suprenante pour l’endroit.

Plus tard c’est au pied du volcan Tunupa, dans le village de Coquesa, en bordure du salar, que nous faisons une halte afin notamment de visiter une grotte où se trouve des momies, datant d’environ 700ans ap JC conservées intactes et vénérées par les habitants du village qui leur apportent des offrandes.

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En fin de matinée, une sorte de musée de sel nous attends, avec notamment son monument hommage au Dakar qui est aussi passé par là quelques jours plus tôt.

Après le déjeuner, nous passons encore une bonne heure à réaliser les délires photographiques de ces jeunes danois. Une belle partie de rigolade et de prouesses photographique, technique et artistique.

Après toutes ces aventures, c’est à présent à La Paz que je me réveille, après une nuit passée dans le bus. Cette ville perchée à 3660m est pour le moins étouffante et déjà de bon matin règne une cohue sans nom. Après un peu de repos, je me lance à l’assaut des rues pavées drôlement pentues de la ville, j’y observe notamment les marchands ambulants qui vendent divers types de nourriture loufoques ou bien encore des boutiques ésotériques bien étranges, les habitants et leur costume traditionnel, sans parler des centaines d’échoppes d’artisanat local dont je me suis vite lassée.

Je passerais 2jours à La Paz dont je ne garderais pas le meilleur souvenir. Peut-être que le mal d’attitude n’aura pas aidé, ou bien le sentiment de différence trop présent, à moins que ce soit l’empressement de rejoindre ma prochaine destination qui ne m’aura pas permis de profiter pleinement de ce pays. J’y reviendrais peut-être un jour, mais pas seule et en tout cas mieux préparée.

Pour l’heure c’est une tout autre étape de mon voyage qui s’ouvre, attendue depuis longtemps, rêvée, imaginée, enfin j’y arrive. Bem-vindos a Brasil…

Sur les traces du Dakar à Salta la linda

Salta marque la toute dernière étape argentine de mon voyage. Pour m’y rendre, une fois n’est pas coutume, je monte à bord d’un bus pour environ 12h de trajet. Je dis bien environ car en réalité j’ai arrêté de compter au bout d’un moment tellement ce périple était long du aux divers retards pris sur le chemin. C’est donc avec grande joie que je retrouve en arrivant le joli accent chantant argentin et pars dès le lendemain à la découverte de la ville, en attendant de rejoindre plus tard mon pote Fred, venu faire un détour par ici.

Salta la linda comme elle est communément appelée, est la plus grande ville de la région du Noroeste argentin. Il y règne une douceur de vivre bien agréable et elle est réputée pour son activité vinicole intense.

Je pars en direction de la place centrale où se trouve l’imposante et magnifique cathédrale Basilica de Salta, puis je déambule dans le centre et atterris sur le Convento de San Bernardo et surtout le Convento de San Francisco, un couvent aux couleurs vives.

Un peu plus loin, afin de prendre de la hauteur et d’admirer la ville dans son ensemble, j’emprunte le téléphérique situé au pied du parc de San Martin, 2 endroits reposants où viennent se détendre les familles salteñas et les groupes d’amis en ce samedi ensoleillé.

Après avoir reçu la bénédiction et la protection inattendues d’une petite grand-mère adorable rencontrée à proximitè, j’achève ma promenade par la visite guidée express mais très interessante et privative du Musée de Arte Étnico americano, une collection d’art privée qui expose le mode de vie des différentes ethnies d’Amérique au travers des bijoux, étoffes, sculptures, peintures et autres ornements.

Le lendemain, accompagnée de Fred, que j’ai retrouvé la veille, et après un détour par le camp de fortune du Dakar, nous prenons la route pour Cachi. C’est effectivement l’imprévu total de ce séjour, nous sommes partis sans le savoir sur les traces du Dakar qui fait un stop à Salta pour le jour de repos et va dès le lendemain se trouver exactement au même endroit que nous. Plutôt sympa comme coincidence!

Ce dimanche est aussi en Argentine, le jour de commémoration de Gilberto Gil, ce vagabond mort innocemment et vénéré dans toute l’Argentine pour son prétendu pouvoir de réaliser des miracles. A 2 reprises, le long de notre chemin nous traverserons des villages où se déroulent une grande fête en son honneur. A côté de ces véritables gauchos, l’impression de dépaysement est pour le coup bien plus forte qu’à Buenos Aires.

De plus les paysages sont à couper le souffle. Nous nous enfonçons au coeur de la Quebrada de Cafayate. Les couleurs des roches sont changeantes, des vallées verdoyantes, où coulent un maigre filet d’eau en cette époque, se nichent derrière les montagnes abruptes. La Garganta del Diablo, un faille rocheuse naturelle chamboule complètement notre perspective. Au milieu de cette nature sauvage, dans des petites maisons éloignées de tout, vivent quelques familles qui élèvent des lamas et vendent en bord de route de délicieuses quesadillas grillées sur les braises.

Alors que la nuit est tombée, nous roulons à présent sur un chemin de terre, qui sera fermé le lendemain pour cause du Dakar et c’est avec un grand soulagement que nous arrivons enfin dans la Finca El Carmen, un refuge de charme, en pleine nature où nous admirons l’un des plus beaux ciels étoilés qui m’ait été donné de voir avec notamment la fameuse Cruz del Sur, une galaxie que l’on peut seulement observer quand on est dans l’hémisphère Sud. Je pense à mes potes français d’Ushuaia qui espéraient l’y voir là, et faute d’un ciel trop chargé n’avaient pu la voir, et m’avaient donc donné la mission de l’observer pendant mon voyage. Mission accomplie!

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Un délicieux petit-déj « home made » avalé et nous voilà repartis à quelques kilomètres seulement pour une halte au beau milieu des montagnes, où le soleil tape déjà fort, afin de voir passer le Dakar en plein rallye. Nouvelle expérience pour moi, je n’avais jamais vu ce genre de courses en vrai et j’ai bien apprécié ressentir les vibrations à l’approche des bolides, comme une impression de me trouver au plus près d’une passion partagée par quelqu’un de si loin et si proche à la fois.

Un peu plus tard, après avoir attendu un bon moment que la route soit réouverte, nous nous arrêtons afin de croquer un bout dans le charmant et paisible village de Cachi avant de repartir vers Salta pour y passer la nuit.

Une nouvelle journée démarre et c’est vers le nord que nous nous dirigeons à présent, plus exactement San Salvador de Jujuy. La ville ne nous plaît pas vraiment et nous y restons à peine plus d’une heure. La prochaine étape, au coeur de la Quebrada de Humahuaca, c’est Pumamarca, un tout petit village plutôt roots, célèbre pour sa montagne aux 7 couleurs qui surplombe le pueblo. Nous faisons un petit tour au milieu du marché d’artisanat avec ses étoffes aux tons chatoyants, qui nous fait prendre conscience une fois de plus, qu’ici nous sommes bien en tierra indigena.

La fin d’après-midi approche et nous décidons néanmoins d’aller au bout de notre programme: Grandes Salinas. Après avoir mangé un bon paquet de kilomètres supplémentaires et incertains d’arriver vraiment à notre destination, nous gravissons les lacets interminables de la montagne et atteignons le sommet, 4170m, non sans un léger étourdissement de se trouver si haut en altitude. De l’autre côté, la vue est superbe et petit à petit nous voyons enfin apparaître les Salinas. Dans ce lac de sel, un orage des plus spectaculaires est en train de sévir: les nuages de pluie au loin, les éclairs qui strient le ciel à chaque instant, le vent qui souffle à toute allure et les vallées derrière nous où se couche doucement le soleil. À la fois grandiose, irréaliste et effrayant.

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Salta et sa région nous aura véritablement enchantés de par ses beautés naturelles, parfois hostiles, la mixité des cultures qui s’y rencontrent sans oublier ses délices culinaires.

Nous passerons notre derrière soirée dans la bourgade de Tilcara, sur les sons psychédéliques d’un groupe live, avant de reprendre chacun notre route, pour ma part le passage de la frontière bolivienne, une tout autre aventure.

Au beau milieu du désert, à San Pedro de Atacama

Ma dernière étape au Chili: San Pedro de Atacama, situé au nord du Chili, à quelques pas de la frontière bolivienne et surtout dans le fameux désert d’Atacama, le plus sec au monde.

Pour m’y rendre, je prends d’abord l’avion depuis Santiago jusqu’à Calama, puis un taxi pour la gare routière et enfin un bus jusqu’à San Pedro. Par le plus grand des hasards, dans l’avion je me retrouve assise juste devant Jonas, un allemand avec qui j’avais déjà échangé quelques mots à Ushuaia puis Punta Arenas. Amusés de cette coïncidence, nous décidons de faire route ensemble. Immédiatement à notre arrivée, on ressent la grosse chaleur aride qui nous entoure. La ville étant toute petite (à peine 5000 habitants mais des hordes de touristes), nous partons à pied en direction de nos AJ respectives. J’entre dans la Casa de Mathilde, un petit hostel sympathique et paisible tenu par les adorables dueños Mathilde et José, toujours souriants et très accueillants. Le slogan ici c’est « mi casa es tu casa » et c’est effectivement l’ambiance qui se dégage du lieu, les propriétaires habitant dans la petite maison à l’entrée.
Un peu plus tard je retrouve Jonas et nous commençons le traditionnel tour des agences touristiques à la recherche de notre planning d’activités pour la semaine. Dans la rue Caracoles, des dizaines et des dizaines d’agences se succèdent proposant toutes les mêmes excursions à des prix sensiblement égaux. Cela nous démontre une fois de plus la haute concentration touristique de la ville. Après de multiples tergiversations, nous choisissons finalement Atacama Viajes, une agence qui nous paraît sérieuse et nous offre un package intéressant.

Le lendemain donc, après avoir déambulé un peu dans la ville nous partons pour notre première ballade vers la Valle de la Luna, nom donné pour sa ressemblance avec la surface de la lune. Nous nous arrêtons au préalable dans des grottes de sel dans lesquelles nous suivons le guide en rampant et escaladant les roches composées de sel. Le guide nous enseigne la jonction des 3 cordillères: celle des Andes, de la Sal et de Domeyco. Le paysage nous donne l’impression d’être sur une autre planète, La couleur rougeâtre du sol contraste totalement avec celle du ciel d’un bleu profond. Les précipices sont sujets à des photos impressionnantes et les contours des montagnes laissent place à l’imagination pour y déceler des formes familières.

Un peu plus loin, on peut observer les 3 marias, une formation rocheuse naturelle qui ressemble à 3 vierges Marie en train de prier. Bon, la dernière n’est plus qu’un vulgaire caillou depuis qu’un touriste l’a cassée en voulant prendre une photo de trop près, nous explique le guide. Personnellement je trouve que le 2è rocher est tout aussi intéressant et j’y vois la rencontre d’un humain ébahi (à gauche, bouche ouverte) et d’un extra-terrestre (à droite, tête d’E.T.). Mais c’est peut être le soleil qui tapait un peu trop fort.

Quelques kilomètres de plus et c’est en haut de la Valle de la Muerte que nous admirons la vue sur ce précipice bordé par des crêtes aiguisées. 2 explications plausibles sont données quand à sa dénomination: l’une étant une déformation de Valle de Marte (pour sa ressemblance à la planète Mars), l’autre étant la réputation mortelle de la traversée de cette vallée par les marchands et les bergers écrasés par des pierres tombant sur le chemin sinueux. Nous achevons cette première journée par un superbe coucher de soleil vertigineux.

Le jour suivant se lève et nous voilà partis en direction de la vallée de l’arcoiris (arc-en-ciel), vous l’avez deviné: pour sa belle déclinaison de couleurs. Nous faisons un premier stop à proximité d’une communauté indienne, ou plutôt des 2familles qui vivent encore là. Le guide nous rassemble autour de la hueca, ce lieu sacré de prière présent dans tous les villages indiens et surmonté d’une croix chrétienne fleurie. Il nous parle notamment de la persécution des indiens par les espagnols, de leur recherche spirituelle en communion entre le ciel et la terre (favorisé par l’absorption de plantes hallucinogènes, feuilles de coca ou champignons) mais aussi de l’esprit de Pachamama (la tierra madre) vénéré dans tout le monde andin et présent autour et en tout. Un petit âne nous rend visite comme pour appuyer un peu plus son discours (le burro étant le nom donné aux espagnols par les indiens).

Nous poursuivons en direction de cette fameuse vallée, les couleurs sont effectivement incroyables. Ces monts dressés lors du soulèvement de la terre provoqué par la tectonique des plaques sont composés de différents minéraux leur donnant ainsi cette palette d’aquarelles.

3è jour, réveil douloureux à 4h du matin mais c’est pour la bonne cause: l’observation du geyser Tatio, l’un des 3 plus grands au monde. Situé à plus de 4500m d’altitude, c’est au petit matin qu’il est le plus actif. Ce ne sont en fait pas moins de 300geysers qui crachent leur fumerolles et leur eau à 80 degrés ici. La scène a quelque chose d’apocalyptique.

Nous prenons ensuite un petit-déjeuner servi en pleine nature avec une vue imprenable sur les volcans s’il vous plaît. Sur les coups de 7h et par -2degrés, c’est un petit bain thermal qui nous attend. Gonflés à bloc, on enfile nos maillots de bain et nous glissons avec plaisir dans cette eau chaude naturelle (30 degrés en moyenne dans le bassin). C’est revigorant! La sortie par contre est beaucoup moins drôle, et tout grelottant on s’empresse de se revêtir chaudement.

En redescendant on s’arrête admirer différents panoramas ainsi que ces lamas, ces animaux domestiques emblématiques de toute la région andine. Dans le village de machuca, c’est cette fois en brochette qu’on se familiarise un peu plus avec ces petites bêtes savoureuses.

Pour la dernière journée dans cette région désertique aux mille beautés, c’est une petite ballade en vélo que nous choisissons de faire pour aller visiter la Pukara de Quitor, un site archéologique, ancienne forteresse quechua  et la Quebrada del Diablo, une faille rocheuse impressionnante.

Un peu plus tard, alors que Jonas s’envole déjà vers d’autres horizons, je termine cette belle semaine par une excursion dans les lagunes salées. La première dans laquelle je prend un petit bain salé et flottant dans une eau bien fraîche et la dernière dans laquelle nous admirons une fois de plus un beau coucher de soleil à la saveur d’un pisco sour.

Ce désert d’Atacama, aura été pour moi un véritable enchantement de couleurs et d’images impressionnantes, dans lequel j’aurais pris beaucoup de plaisir à photographier toutes ces merveilles de la nature, tout comme par la suite dans la région de Salta, Argentine, ma prochaine destination.

Célébrer la nouvelle année sur la côte pacifique chilienne: Valparaiso et Viña del Mar

Devenue un peu santiaguina, quoi de plus normal que de passer le nouvel an au soleil sur la côte de Valparaiso. C’est en effet la destination privilégiée des habitants de la capitale qui affluent de toute part pour vivre ce moment magique sous les feux d’artifice réputés de la ville. C’est en compagnie de Patricio que je débarque dans cette cité de bord de mer, qui n’est autre que la 2è plus grosse ville du Chili, abrite le 1er port de commerce du pays ainsi que des campus universitaires prisés et surtout représente un centre artistique confirmé. Il y a différentes façons d’appréhender Valparaiso, et certains peuvent parfois être déçus par le côté un peu chaotique, pas toujours très propre ni sûr de l’endroit. Pour ma part, j’ai la chance d’être accompagné d’un chilien qui connaît déjà les quartiers où il ne vaut mieux pas s’aventurer et je peux donc apprécier pleinement les charmes certains de Valpo comme on l’appelle ici.

Après un déjeuner frugal composé d’un plat de reinata (un poisson pêché dans les environs), nous démarrons notre visite depuis la place centrale, la Plaza Sotomayor, bordée par l’imposant bâtiment de l’Armada de Chile et le port Muelle Prat à l’autre extrémité. Au centre se dresse le monument de commémoration de los Heroes de Iquique dominé par la statue d’Arturo Prat, officier de la marine chilienne tué pendant cette bataille . Depuis le port, des petites embarcations emmènent les passants au large pour découvrir la ville sous un angle différent pendant que les immenses grues chargent des dizaines de containers. Les navires militaires sont amarrés solidement et surveillent les allées venues.

Valparaiso s’apprécie du haut de ses cerros, les collines où se trouvent les rangées de maisons colorées décorées de centaines de graffitis, qui démontrent immédiatement la forte imprégnation artistique de la ville. Nous grimpons d’abord un escalier afin de découvrir le cerro Cordillera qui nous donne une première impression de la vue de la ville. Puis nous empruntons le célèbre ascensor Artilleria, resté dans son jus qui nous mène au sommet. Nous apprécions le panorama sur le port depuis un petit kiosque et continuons notre chemin le long du fort lorsque je retombe par hasard sur Lucie et Damien, le couple de français avec qui j’ai trekké à El Chalten. Nous nous arrêtons ensuite dans un café charmant, très arty, où j’en profite pour laisser un petit message personnel. Nous prolongeons notre promenade jusqu’au quartier Santo Domingo qui cache d’immenses demeures au style bien marqué, dont certaines paraissent même hantées.

En redescendant, nous décidons de prendre l’unique ligne de métro aérien pour nous rendre sur la place principale, à proximité de laquelle se trouve le Mercado Cardonal, où les marchants crient à tue-tête pour écouler leurs dernières marchandises en cette fin de journée. Les rues alentours sont remplies de vendeurs ambulants qui proposent toutes sortes d’accessoires destinés à la célébration de la nouvelle année: des feux d’artifices, des chapeaux tous plus exhubérants les uns que les autres, des masques, des verres à champagne, des sous-vêtements de couleur jaune (à porter pour la nouvelle année, une tradition chilienne). L’effervescence bat son plein. On sent qu’une grande fête se prépare.

Le lendemain, le soleil au beau fixe et la douce température nous décide à nous rendre en colectivo à Viña del Mar, une station balnéaire chic située à une dizaine de kilomètres. Changement d’ambiance total, place aux plages aménagées, à la modernité et à un petit goût de frime. Nous descendons juste à côté de l’horloge fleurie, emblème de la ville. Nous marchons le long du bord de mer où les pélicans viennent se reposer sur les rochers. Dans le centre, les allées sont bordées de palmiers qui contribue à donner cet air de vacances à la ville. Les restaurants gourmets sont également un des attraits du lieu. Nous en choisissons d’ailleurs un qui propose des spécialités péruviennes et nous régalons de cette excellente cuisine (c’est prometteur pour le périple au Pérou). Puis, après-midi relax à la plage, pour un 31 décembre c’était le minimum requis. Je m’aventure même pour une baignade, bon c’est pas les Caraibes, le courant Humboldt rend l’eau vraiment très fraiche. Mais quelqu’un m’a dit que je ne serais pas vraiment chilienne si je ne me baignais pas dans le Pacifique au Chili au moins une fois.

De retour à Valparaiso, afin de prendre des forces pour la nuit de folie du réveillon qui nous attend nous nous arrêtons dévorer une véritable parillada accompagné d’un pisco sour. On est au Chili où on y est pas. Et plus tard dans la soirée, fin prêt, nous nous postons pour admirer les magnifiques feux d’artifice tirés depuis des bateaux ancrés dans la baie. Les gens sont surexcités et puis enfin sonnent les douze coup de minuit. La foule crie, hurle, s’embrasse, asperge tout le monde de champagne, lance des confettis, de la neige. Quelques secondes passent et soudain le premier boum retentit, suivi d’une superbe rosace qui éclaire le ciel. Un spectacle qui émerveille petits et grands, on en prend plein les yeux et les oreilles. ça y’est nous sommes en 2016! Nous trinquons à la nouvelle année avec un champagne chilien Fresita puis nous dirigeons vers la place centrale où un groupe joue en live des célèbres airs latinos. Les gens, le sourire aux lèvres, chantent, dansent, pendant que d’autres, les vendeurs ambulants, sont occuper à faire leur business. una locura! Nous terminerons la soirée jusqu’au petit matin à la Piedra Feliz, avec des danses endiablées de salsa, bachata, cumbia et autre merengue. En définitive, une très belle soirée pour célébrer le passage de cette nouvelle année, qui je l’espère apportera son lot de belles surprises tout comme l’aura fait 2015.

Pour le dernier jour, nous trainons un peu à l’hôtel, fatigués il faut le dire de la nuit passée, et décidons d’aller nous promener dans deux nouveaux quartiers: le cerro Alegre et le cerro Concepcion. C’est là notamment que l’on peut admirer les plus belles fresques murales. En ce premier jour de l’année, les musées sont fermés mais le lieu étant touristique la plupart des petits commerces sont ouverts. L’ambiance est très paisible. Nous déambulons dans les rues colorées, le long de Templeman notamment jusqu’au Paseo Yougoslavo, où se trouve le musée Baburizza à l’architecture originale.

Il est déjà l’heure de repartir vers la capitale. Ravis de cette escapade, nous garderons en tête les belles couleurs et le charme certain de Valparaiso. Je passerai une dernière journée à Santiago afin de danser encore quelques bonnes bachata avant de continuer ma route vers le Nord du Chili avec l’exploration du désert d’Atacama.